Résurrection ?

Pour dire que la Résurrection du Christ, et la nôtre, est le noyau du christianisme et qu’elle suscite tant de doutes !

Jésus a entendu le doute de son disciple Thomas et lui a accordé un privilège très enviable : pouvoir toucher Jésus ressuscité. Même si Jésus a dit à Thomas : parce que tu m’as vu, tu as cru , bienheureuses les personnes qui, sans avoir vu, ont cru (Jn 20, 29).

Quand je donnais des leçons d’éthique et cultures religieuses dans les classes primaires dans mon canton du Valais, et que nous parlions de la résurrection, j’ai observé que très souvent les enfants confondaient réincarnation et résurrection. Sans connaître la philosophie du Bouddhisme, ils se disaient adeptes de la réincarnation, et souhaitaient, après leur mort, devenir des animaux divers, comme un chien, un chat, un oiseau ou un cheval. Je n’ai entendu aucun enfant dire qu’il aurait préféré être transformé en un enfant plus sage, plus intelligent, ou re-naître dans une famille plus riche.

Quand je leur expliquais, qu’il était nécessaire d’être réincarné-e mille fois avant d’atteindre le nirvana, ce qui est considéré comme le but final selon cette philosophie, c’est-à-dire une sorte de néant indescriptible avec des mots humains, ils n’étaient pas trop impressionnés. Dans leur vision enfantine, la réincarnation avait probablement le grand avantage de retarder la « vraie mort » quasiment ad eternam !

La petite difficulté dans la réincarnation est qu’il est indispensable d’avoir une vie parfaite pour être réincarné-e en une personne qui a une vie plus facile ou plus agréable. Point plutôt ennuyeux, car les enfants en convenaient : ils avaient bien de la peine à ne faire aucune bêtise. La perspective d’avoir la malchance d’être réincarné-e en une personne malheureuse ou une grenouille n’est pas vraiment joyeuse. Je précise que pour certains courants du Bouddhisme, la malchance n’existe pas ; chaque être humain crée par ses actions son destin.

A l’idée qu’un seul mensonge à ses parents pourrait être un handicap pour atteindre la réincarnation rêvée, les enfants s’ouvraient plus volontiers à la théologie de la grâce du christianisme. Ils étaient rassurés de savoir qu’un bandit, et même un meurtrier, peut recevoir le pardon de Dieu, et être aimé par Lui.

Je leur avais raconté l’histoire vraie, d’un homme, qui, dans un moment d’égarement, a voulu braquer une bijouterie après sa fermeture. Il pensait qu’il n’y avait personne, or le propriétaire a surgi dans la pénombre avec une arme, le malfrat a eu peur, il a tiré et malheureusement la balle a atteint le cœur.

Dans sa cellule, il a accepté la visite régulière d’un prêtre qui lui a expliqué la Bible. Un jour le Christ lui est apparu. Il a cru, sa vie a changé complètement et il est monté à l’échafaud complètement confiant et apaisé. Il avait reçu le pardon gratuit du Seigneur, il a reçu en lui la Résurrection de celui qu’il allait rencontrer face à face dans le royaume de Dieu.

Vous ne croyez pas en cette histoire ? Même si je vous dis qu’elle est vraiment vraie ? Beaucoup de disciples n’ont pas cru en la Résurrection alors que Jésus ressuscité était à côté d’eux, qu’il mangeait avec eux, avant que Jésus rejoigne de nouveau son Père aux cieux.

Devant le tombeau vide, Pierre n’a pas cru. Il est probable que Jean, qui l’accompagnait a compris (Jn 20, 8). C’est seulement l’amour, l’amour est souvent habité par le Saint Esprit, qui a ouvert les yeux de Marie de Magdala, la première à avoir reconnu Jésus ressuscité.

Ses compagnons sur le chemin d’Emmaüs ne l’ont pas reconnu tout de suite (Lc 24, 13-32).  

Le plus étonnant se trouve dans l’Evangile de Matthieu, au chapitre 28, verset 17 en traduction littérale : le voyant, ils se prosternèrent, et ils doutèrent. Ou dans l’Evangile de Luc (24, 37-43) : pourquoi ce trouble et pourquoi des objections s’élèvent-elles dans vos cœurs, dit le Ressuscité aux disciples, touchez-moi, c’est bien moi, et comme les disciples s’étonnaient encore, il mangea un morceau de poisson grillé sous leurs yeux.

Moi, ce que j’admire le plus, c’est l’incroyable patience et l’immense amour de Jésus pour ses disciples. N’est-ce pas seulement Jésus qui peut avoir une telle compréhension sans absolument aucun jugement, sans énervement ? Il leur laisse du temps. Il ne force rien. Il attend que les cœurs brûlent d’amour en communion avec le sien.

L’attitude du Ressuscité face aux disciples qui ont des doutes, laisse tout l’espace nécessaire à chacune et à chacun, pour un cheminement confiant, pas à pas vers la Lumière du Royaume.

Amen!

 

 

 

D’autres prédications
et magnifiques textes
se trouvent sur le site
du Pasteur Pedroli

www.pedro.li