Rêve et réalité de l’économie.

L’économie dont je vais parler ici n’a pas le sens « d’économiser », bien que dans ce domaine aussi nous pourrions parler de « rêve et réalité » ! La somme que nous rêvons d’économiser tout au long de l’année risque fort comme d’habitude d’être réduite en peau de chagrin en décembre !

Non,  le sujet de la réflexion de ce mois porte sur l’économie en tant qu’ « activités humaines tournées vers la production, l'échange, la distribution et la consommation de biens et de services ».

Pourquoi ? Parce que dans notre petite communauté francophone, nous ne cessons de refaire non pas le monde, mais l’Afrique avec quelques paroissiennes et paroissiens venant de ce continent et vivant à Berlin.

Est-ce que l’Afrique pourra bientôt s’en sortir ? Comment pouvoir exercer dans mon pays ce que j’ai appris ici, se demandent-ils ? Quelques africain-e-s plutôt bien  intégrés en Europe pensent que la création d’une unité monétaire africaine ou une aide au développement accrue sont d’heureuses initiatives, à condition, pour être vraiment  efficaces, que les populations acceptent d’adapter leurs coutumes et leur mentalité ancestrales au phénomène bon ou mauvais de la mondialisation, qui est pour le moment un fait inéluctable.

Que peut donc apporter le christianisme dans ce contexte ?

Ce christianisme, bien présent en Afrique, puisque  23 % des chrétiens du monde, selon Wikipédia, s’y trouvent aujourd’hui. Les églises copte et éthiopienne font partie des plus anciennes églises au monde.

Dans les Actes des Apôtres au chapitre 2, il est écrit : 44 Tous ceux et celles qui étaient devenus croyant-e-s étaient unis et mettaient tout en commun.  45 Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous, selon les besoins de chacune et chacun.

Malheureusement, ces paroles qui pourraient être un modèle économique n’ont jamais reflété la réalité, sauf peut-être pour quelques petites communautés des tous premiers siècles sur une courte durée ; c’est du passé revisité et embelli comme un âge d’or qui n’a jamais existé selon les exégètes.

Le système économique qui ressemble le plus à cet idéal est le communisme, et nous en connaissons les fruits : un partage des biens qui élimine toute compétitivité économique conduit à la ruine. Ce partage communautaire est pratiquée sous une autre forme  en Afrique : souvent, la famille élargie va s’installer dans la maison du membre de la famille qui a réussi à décrocher un travail et un bon salaire, en abandonnant la culture de leurs parcelles de terre ;  ce qui a comme conséquences d’appauvrir toute la famille et d’affaiblir considérablement l’économie du pays. C’est une perte sèche par rapport aux impôts payés par les classes moyennes et riches ; ces impôts qui permettent de développer les structures indispensables, comme les écoles, les moyens de communication, routes, Internet, etc…

La multiplication  de coopératives agricoles ne serait-elle pas plus profitable ?

A côté et pourquoi pas en incluant les coopératives, quelle voie reste-t-il ? Ce capitalisme si affreusement décrié ? Définition du Larousse : le capitalisme est un système de production dont les fondements sont l'entreprise privée et la liberté du marché. Il s'agit d'un ensemble d'éléments solidaires dont les relations permettent la production, la répartition et la consommation des richesses indispensables à la vie d'une collectivité humaine.

Selon Calvin, si une personne s’enrichit par l’entreprise qu’il a créée grâce à la libéralité de Dieu, elle est tenue de réinvestir les profits du travail dans l’économie,  ce qui stimule ainsi la productivité, et permet d’offrir des salaires décents.  

L’argent  gagné en surplus par le travail ne peut pas être donné et partagé sans contrepartie : donnant-donnant, « win-win ». Les entreprises florissantes fournissent des emplois et influent sur les impôts qui seront distribués pour le bien de toute la communauté. Calvin s’est montré aussi favorable aux prêts d’argent, indispensables à la bonne marche de l’économie, à des taux d’intérêts honnêtes.

Le travail de chacune et chacun, toujours selon Calvin, contribue à transformer le monde. Ne pouvons-nous pas comprendre alors les paroles des Actes des Apôtres, non pas dans le sens d’un partage de biens propres, mais d’un partage du résultat physique ou virtuel provenant des activités de chacune et chacun?

Vous me direz : et s’il n’y a pas assez de places de travail pour tout le monde ou si des robots commençaient à supplanter les êtres humains dans le monde professionnel?  Ce sont les défis de demain que nous pourrons peut-être résoudre en travaillant dur et ensemble. Avec l’aide de Dieu, pour les croyantes et croyants !

 

Martine Matthey

 

 

 

D’autres prédications
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