Ma volonté ou la sienne ?

Est-ce que je marche sur le juste chemin ?

 

Extraits des carnets de voyage de Claudine Hornung

à La Rochelle en septembre 2018.

Du 25 septembre au 1° octobre, quelques membres de la paroisse huguenote de Berlin ont rendu aux Rochelais leur visite de novembre 2016.
Le petit groupe berlinois a été accueilli à la gare de La Rochelle par un grand groupe chaleureux de Rochelais. Après un « apéro » au vin de Pinaud, chacun-e a pu découvrir en soirée sa famille d’ accueil et une hospitalité généreuse. Francine et Philippe ont su rendre passionnantes la visite de la ville de La Rochelle, du site de Brouage, de la ville voisine de Rochefort, et de l’île de Ré. Ce fut d’abord un retour aux sources puisque la ville de La Rochelle aujourd’hui «  ville européenne du protestantisme , autrefois nommée «  la Genève française » compta dès avant 1540 des adeptes de la religion réformée, prêchée à ses débuts dans les églises même. Pour défendre leur foi, les protestants devinrent dès 1573 des guerriers : ils battirent les troupes royales avec de grandes pertes humaines. Les guerres de religion reprirent en 1628 avec un blocus organisé par le cardinal Richelieu, côté terre et côté mer ; il fût fatal pour la cité, réduite à la famine et à l’épuisement : elle ne comptait plus que 5000 habitants sur 28000. Mais nos ancêtres n’étaient pas que de farouches croyants, ils furent aussi des armateurs qui participèrent au commerce avec le Canada (le fondateur de Québec, Samuel de Champlain , né à Brouage était issu d’une famille protestante), la Louisiane et les Antilles et s’enrichirent grâce aux épices, au sucre, au cacao, á la vanille, …et à l’esclavagisme.
Mais l’intérêt de ce voyage ne fut pas seulement historique. Ce fut aussi la redécouverte de la gastronomie française avec de délicieux repas offerts par les hôtes qui ont rivalisé de finesse : poissons, confit, huîtres, haricots « mogettes », magrets, et gâteaux à base d’angélique.
Cette rencontre a été conduite sous le signe de la Réconciliation et de notre unité en Christ. Les soirées ont permis de belles conversations, parfois émouvantes. « J’étais étranger et vous m’avez accueilli » lit-on dans Matthieu 25,35. Les cruels souvenirs de l’occupation nazie, les épisodes terribles de la poche de Royan sont présents dans beaucoup de mémoires mais les Rochelais n’ont pas oublié que la préservation de leur ville est due à l’accord  tacite de l’amiral allemand Schirlitz et de l’amiral français Meyer : grâce à eux, La Rochelle n’a pas été anéantie comme le voulait Hitler.

Nous sommes tous et toutes reconnaissants de cet intervalle de lumière, de chaleur humaine qu’il nous a été donné de vivre. Merci à Janine Barbier, à Sandra Theiler et à toutes les personnes engagées dans l’accueil, la traduction, la prise en charge des visites  et de l’hébergement.

 

 

Extraits de la « Lettre à l’Eglise d’Allemagne » du pasteur René Jean-Louis Caldier, père du pasteur Michel Caldier.

 

L’Eglise Réformée de France, qui par la grâce de Dieu a été son témoin pendant cinq en Allemagne à l’Eglise de Dieu qui est en Allemagne.

Chers frères en Christ, c’est au nom de tous les sanctifiés, tant prisonniers de guerre que déportés français, qui à cause du péché, ont souffert pendant plusieurs années en Allemagne, que j’écris ces quelques lignes.

Nous ne dirons pas quelles ont été nos souffrances ici, parce que cette lettre ne veut pas être une plainte.Dieu nous a fortifiés physiquement en nous donnant chaque jour notre pain suffisant, moralement et spirituellement en répandant abondamment sa grâce sur nous, jusque dans les plus petits détails. Quand nous avons eu à comparaitre devant ceux qui avaient pouvoir sur nous, Il nous a protégés.

Nous savons aussi que nous sommes responsables de la chute petite ou grande de notre frère, et nous vivons de la prière d’intercession de nos frères comme eux vivent de la nôtre.

Oui, nous sommes un même corps, le corps du christ, l’épouse de Christ, l’Eglise. C’est cela que nous aurions voulu dire au monde. Et pour cela bien avant la fin de la guerre, nous avions pensé à un service liturgique avec sainte Cène en quatre langues( Russe, Allemands, Français et Anglais), témoignage de l’Eglise universelle.

Nous voulions affirmer que pour nous chrétiens de pays vainqueurs et vaincus, devant la guerre, une seule attitude est possible : l’humiliation.

Et enfin, nous voulons proclamer au monde que parce que nous sommes disciples du Christ et qu’aucune haine ne nous est possible.

Voilà ce que nous aurions voulu dire au monde par ce culte dès la fin de hostilités. Cela n’a pas été possible. Maintenant nous devons rentre en France, mais peut-être qu’un jour, sous une autre forme, cette idée pourra être reprise.

 

Prions sans cesse les uns pour les autres et que la grâce et la paix nous soient donnés de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

 

D’autres prédications
et magnifiques textes
se trouvent sur le site
du Pasteur Pedroli

www.pedro.li