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 Prédication du 14 Juillet 2019

 

 

Trois amis entrent en scène dans cette parabole "du casse-pied".

Le premier ami rentre de voyage. Il joue en fait un rôle secondaire, mais provocateur. Arrivant ainsi à l'improviste et au milieu de la nuit, il oblige les deux personnages suivant à se rencontrer. Et à se disputer même; dispute pacifique il est vrai.

 

Le devoir sacré de l'accueil

La scène qui suit, dans la mise en scène de cette parabole, nous rappelle que le devoir de l'accueil est tel qu'il est exclu d'y manquer. Alors que chez nous en Occident, ce devoir essentiel a pratiquement disparu. Aujourd'hui, ce geste de solidarité  peut être même condamné, voire conduire en prison, suivant dans quelles circonstances vous accueillez un réfugié ou au naufragé. Devoir d'indifférence ...

 

Le premier ami arrive donc dans son village, ou son quartier, quand tout le monde dort.

Son accueil par le deuxième ami crèe le problème: celui-ci n'a rien à lui offrir, sinon sans doute une paillasse pour dormir. Rien à manger! Imprévoyance? Extrême pauvreté? Le récit ne le dit pas; c'est donc sans importance ...

J'ai appris d'expérience, lors d'un bref séjour en Algérie pour un camp de travail, que la famille la plus pauvre du village où nous campions préfèrait se priver de manger une semaine durant, pour nourrir au moins ses hôtes de passage. Et accomplir ainsi chez elle le devoir sacré de l'accueil.

 

Dérangé de nuit

Ainsi l'ami qui reçoit le voyageur est bien obligé de faire appel à son voisin - le troisième ami - pour le dépanner. Au milieu de la nuit. Quand toute la nombreuse famillle du voisin dort, sans doute à même le sol dans l'unique pièce du foyer. 

Si le voisin se lève, il va forcément déranger et réveiller tout le monde. Ce n'est vraiment pas le moment. Il ne peut pas; il ne veut pas se lever. Et le fait que ces voisins se connaissent bien et se rendent naturellement des services ... tout cela n'y fera rien, précise bien l'auteur de la parabole. 

Or l'ami imprévoyant insiste. Au point de lui casser les pieds. 

Et de guerre lasse, parce qu'il en a marre - comme le mauvais juge avec la pauvre veuve - le voisin finit par ouvrir sa porte, et par donner à son collègue en manque tout ce dont il a besoin...

 

Votre dieu serait-il ainsi ?

Voilà une histoire simple, qui relève des imprévus et des dérangements de la vie quotidienne, de nuit comme de jour... Mais où se cache donc l'élément perturbateur qui va mettre en route notre réflexion? 

La parabole étant, par définition, une comparaison, celle-ci se présente au verset 13. 

Vous, vous pensez que Dieu, lui, qui nous a donné la vie, et de quoi vivre notre vie, est comme ce voisin dérangé de nuit? voisin qui commence par refuser tout net? qui ne répond, n'ouvre sa porte et ne donne... qu'après insistance et supplication? Comme ce juge, sans foi ni loi, qui ne rend justice à la pauvre veuve que de guerre lasse, pour s'en débarrasser?

Votre dieu serait donc ainsi ?

Et Luc, à la suite de sa parabole, d'insister sur ce dieu qu'il faudrait lasser, auquel il faudrait casser les pieds... pour qu'il nous réponde. Ou ce dieu qui serait mauvais comme nous le sommes, et qui nous donnerait un serpent à la place de poisson, une pierre à la place de pains? 

A quel Dieu est-ce que nous nous adressons lorsque nous prions? Qui est notre interlocuteur divin? Un père indigne? sourd? insensible?

C'est donc bien ici - à mon avis - que se loge l'élément perturbateur de la parabole: d'abord le refus du voisin; et puis l'insistance de l'ami imprévoyant. Perturbation qui devrait provoquer en nous cette question: à quel Dieu est-ce que nous nous adressons lorsque nous prions?

 

Appel à la confiance

Il est probable que cette parabole soit née dans une discussion, une dispute même, sur l'exaucement de nos prières. Ou l'absence d'exaucement. 

Et l'auteur de cette parabole, selon Luc en tous cas, de faire appel à la confiance. Une confiance sans faille, sans hésitation. Qui ne se pose même de question. 

La confiance qu'éprouve le petit enfant qui a faim, et qui demande de quoi manger à son père, à sa mère. Cet enfant qui, au moment même où il demande, ne peut pas douter un seul instant de la réponse positive et immédiate à sa faim ...

 

Demandez!

"Demandez! on vous donnera. Cherchez! vous trouverez. Frappez à la porte! on vous ouvrira". 

Quand vous lisez les invitations de ce verset 9, qui suit logiquement la parabole du casse-pied, entendez-vous cette petite voix raisonnable qui vous dit: c'est trop simple! c'est trop facile! ce n'est pas raisonnable! Il suffit de demander... et on vous donne ? De chercher... et vous trouvez? De frapper... et on vous ouvre? Et voilà le doute qui se met en marche dans notre tête, le raisonnement de notre sagesse qui se développe ...

 

Eh bien oui! C'est aussi simple que cela. La simplicité du coeur, qui fait totalement confiance. Le coeur de l'enfant qui a faim, et qui ne doute à aucun moment de la réponse positive de son père à sa demande. 

Voilà la belle confiance à laquelle nous appelle, je crois, cette parabole des trois amis. 

Ou la parabole du casse-pied.

Dans le fond: cette parabole que l'évangéliste Luc a placée juste après la demande des disciple à Jésus pour apprendre à prier, avec l'exemple du "Notre Père"... cette parabole qui suit ne parle plus de nos prières; mais essentiellement de la confiance qu'il faut avoir. De la confiance absolue dans la réponse du Père à nos prières ...

 

Une contradiction maintenant.

A ce point final, je suis tout de même obligé d'ajouter un mot. Une contradiction.

Car je ne dois pas oublier - moi qui ai l'essentiel pour vivre, et qui peut donc adopter sans trop de peine cette confiance du coeur - les situations extrêmes ou désespérées dans lesquelles tant d'humains peuvent être plongés, croyants ou pas, confiants ou pas, aujourd'hui comme hier. 

Lorsque l'humain subit les pires souffrances. Ou les pires injustices. Ou le mépris et la haine tenaces. Quand l'humain subit la torture. Ou l'exclusion. Ou l'extermination... Moi qui ai reçu, et continue à recevoir l'essentiel pour vivre décemment, je dois tenter de comprendre, pour ne pas dire partager, le doute fondamental du croyant opprimé, désespéré, condamné? Ce désespoir, cette incompréhension tels qu'ils sont exprimés si souvent dans les textes des psaumes. Sans réponse à mes prières, à mes supplications: Dieu serait-il sourd? Dieu est-il absent? 

Alors que les méchants et les puissants triomphent? Alors même que de puissants chefs d'Etat encouragent publiquement la haine et sont prêts à semer la division et la guerre? chefs de gouvernement - c'est le sommet de l'écoeurement pour moi - qui ont reçu la bénédiction solennelle de pasteurs, de prêtres, d'imams ou de rabbins? 

Dieu est-il absent ? sourd? aveugle?

Dans ce temps de confusion et de contradiction, la parabole des trois amis, ou du casse-pied nous appelle à vivre, devant Dieu, dans le calme et la confiance. 

Et nous appelle à prier pour ceux et celles qui ont tant de raisons de désespérer; désespérer des humains... et de Dieu lui-même.

 

"Votre seule force, c'est de rester calme et tranquille. Et de metre votre confiance en moi". 

Livre du prophète Esaïe, chapitre 30, le verset 15.

 

 Georges Kobi


 

 

Prédication du 7 Juillet 2019

Psaume 73 - Doutes et rencontre avec Dieu

 On considère généralement que ce psaume 73, comme le psaume 50, comme les psaumes 73 à 83 a été écrit par Asaph. Ce personnage est un haut dignitaire religieux puisqu’il est le chef des Lévites, et se trouve en tête des chantres vêtus de manteaux en byssus (soie de coquillages) qui se trouvaient près de l’autel. Or ce qui est assez extraordinaire, c’est que ce haut dignitaire malgré son rang n’a pas peur d’évoquer ses doutes, ses pensées avant le passage dans le tabernacle, puis plus tard sa rencontre avec Dieu. Comment peut-il avoir l’impression que Dieu reste inactif, alors qu’il côtoie tous les jours Son autel ?  Dans quelles occasions doutons-nous de Dieu ? Les questions que nous posons à Dieu font-elles obstacle à notre relation avec Dieu ?
Regardons ce qu’il en est de l’énonciation. D’abord c’est la bonté de Dieu qui est évoquée, on comprend d’après la suite du texte que cette dernière est loin d’être une évidence, c’est une découverte qui est répétée en écho à la fin du psaume « pour moi, m’approcher de Dieu, c’est mon bien ». Dans la suite du texte le « moi jadis » s’oppose à la description des méchants, des impies. Cette description est suivie de celle des doutes du psalmiste, à la 1° personne. Le texte connaît un revirement au verset 17 quand le « je » entre dans le sanctuaire et rencontre Dieu. Alors intervient la perte des méchants et le psalmiste se tourne vers Dieu non parce qu’il est « schadenfroh » mais parce qu’il a vu s’inverser les priorités : Dieu se montre le maître des méchants en manifestant l’illusion dans laquelle vivent les impies. La réalité est vue sous un autre jour parce qu’il y a eu une rencontre personnelle avec Dieu, ce que souligne le tutoiement.

Mais d’où vient le doute ? Le psalmiste évoque sa faiblesse, ses interrogations ("mes pas étaient sur le point de glisser ") à cause de la réussite des violents : s’ensuit une description très imagée, comme dans un tableau de Brueghel, des hommes à succès : leur avidité, leur impunité, leur violence, leur fourberie, leur orgueil. A cela se mêle le thème de la jalousie : ces pourris réussissent alors que les hommes honnêtes échouent ; ils se comportent comme s’ils étaient des dieux, maîtrisant la terre entière. Et Dieu les laisse faire. Leur succès attire l’admiration du public, c’est le second point qui dégoûte le psalmiste. Cela pose la question de l’utilité de la morale : à quoi cela sert-il de rester honnête quand tout le monde triche ? Quand ceux qui ont utilisé le plus d’antisèches aux examens raflent les diplômes ? de déclarer ses impôts quand certains cachent leurs revenus ? d’avoir une morale non consumériste alors que les autres gaspillent ? de rester digne, droit et pacifique alors que l’on pourrait sans problème rendre les coups bas et les calomnies ? Sans parler des politiciens qui réussissent à se faire élire avec des promesses mensongères, des manipulations de mails et des tweets agressifs . Tout cela nous mène nous aussi à interpeller Dieu : Dieu où est ta justice ? Où est ta justice quand je vois triompher «ceux qui n’ont aucune part aux souffrances humaines ». Or, ce qui semble être le plus grand des péchés,  c’est bien l’indifférence au prochain. Si Dieu reste sans réponse, on est alors en proie à l’arme subtile de l’ennemi, le découragement. Et c’est ce sur quoi insiste  le psalmiste : la réalité du monde où il vit –  et ce texte n’a pas perdu de son actualité – est incompatible avec l’attente qu’il a de la justice de Dieu.

Mais le texte marque un revirement : le psalmiste entre dans le tabernacle, la partie la plus secrète du Temple et là il rencontre Dieu. Le tabernacle est recouvert d’épais tapis : Seul brille le chandelier d’or pur aux 7 lampes ; l’extérieur n’existe plus, les choses de la terre pâlissent, de nouvelles révélations s’imposent : le palmiste découvre l’envers des choses. Il réalise que la prospérité des méchants est passagère, que leur ruine est subite et effrayante, que leur succès n’a duré qu’un instant face à la gloire éternelle de Dieu. Le psalmiste s’aperçoit qu’on peut voir les choses autrement et il semble même voir les actions humaines avec le point de vue de Dieu. Du coup tout est relativisé, tout est un songe. Cette démarche, cette approche de Dieu qui inverse notre vision du monde, de nos contemporains, de leur adoration de toutes sortes d’idoles c’est celle de la prière, non pas de celle qui demande, mais celle qui se met à l’écoute de Dieu.

Et alors retentit la voix de Dieu, celle que le psalmiste avait vainement attendue, et avec Elle des paroles infiniment consolatrices : « je suis toujours avec toi ». Le Seigneur ne fait pas défaut, contrairement aux hommes. Un Dieu agissant nous tient «par la main droite ». Plus nous avançons vers Dieu, plus nous sommes des enfants que l’on guide. La relation vitale avec Dieu n’élimine pas les questions que l’on se pose mais elle les dépasse : On pourrait mettre ce dépassement en relation avec le cri du père de l’épileptique de Marc 9, 24 : « je crois, viens en aide à mon manque de foi ».
Le psalmiste affirme : « tu me conduiras par ton conseil » : son conseil est infaillible dans les circonstances difficiles, dans les peines et les souffrances. Peut-être va-t-il utiliser la bride et le mors comme pour un cheval rétif, mais il sait où nous devons aller. L’homme extérieur dépérit, il est soumis à l’action du temps et de la mort mais l’homme intérieur peut se renouveler en Christ de jour en jour.

Et pour finir je voudrais citer les paroles du psalmiste que je trouve pleines d’humour et de vérité: « je n’étais pas très futé », j’étais une brute épaisse mais je découvre maintenant que tu es avec moi, que tu me conduis » .  Puissions nous cesser avec l’aide de Dieu d’être des brutes épaisses et nous réjouir de Sa présence dans nos vies.

 

 Amen.

 

Claudine Hornung


 

 

 

Prédication 30 juin 2019 

Lc 9, 51-62, 1R19, 19-21 et Ga 5, 1, 16-18, 22-26

 

Est-ce que vous aimez les contradictions dans la Bible ? Elles nous sauvent de tout fondamentalisme et extrémismes religieux ; elles nous permettent de grandir, d’ouvrir plus grands nos oreilles, nos yeux, notre intelligence, notre foi, et elles remettent notre savoir en question. Le bonheur ! 

 

Jésus a dit : toute personne que j’appelle et qui regarde en arrière et ne me suit pas sans délai n’est pas digne d’accomplir la mission qui lui est confiée. Or le futur prophète Elisée n’a pas obéi à l’injonction d’immédiateté du grand Elie ; il va dire au revoir à sa parenté et prend même le temps  de cuire deux gros bœufs en sacrifice pour leur demander à manger, avant de suivre enfin son maître. A Anzère ou Crans-Montana pour le 1er août, la cuisson du bœuf met bien une journée avec des moyens modernes, alors qu’Elisée n’avait probablement qu’un peu de bois à sa disposition. Cuire des œufs brouillés aurait plus rapide.

 

Elisée n’est pas un homme au caractère facile : sa demande à Elie de recevoir le double de son esprit est plutôt, dit vulgairement, gonflée. Elisée est aussi cet homme qui a jeté sa malédiction sur quarante-deux enfants se moquant de lui et le traitant de tondu et qui ont été dévorés par deux ourses. (2R 2, 23). Il a aussi remis en vie l’enfant de la Schunamite qui lui offrait un hébergement ; il a accompli beaucoup de  bonnes actions aussi.

 

Elie son maître n’était pas un tendre non plus, non seulement il a égorgé 850 prêtres de Baal et d’Ashera (2R 1, 10), mais il a menacé un officier qui en voulait à sa vie: «Si je suis un homme de Dieu, que le feu descende du ciel et qu'il te dévore, toi et tes cinquante hommes!» Le feu descendit du ciel et dévora l’officier et ses cinquante hommes. Dent pour dent, œil pour œil.

 

Les disciples de Jésus sont inspirés par ces deux prophètes quand ils veulent punir les habitantes et habitants du village samaritain qui refusent d’accueillir Jésus. Ils sont comme nous qui sommes tout sourire avec les personnes qui ont été gentilles avec nous : et heureusement que nos pensées ne sont pas visibles quand nous sommes contrarié-e-s !

 

Elie dit à Elisée: que t’ai-je donc fait. Que signifie ces mots ? Que t’ai-je donc fait pour que tu me désobéisses ainsi ? Ou bien s’excuse-t-il de l’emmener sur un chemin difficile?

 

L’enseignement de Jésus est clair : pas de vengeance, pas de violence, pas de rancune. Pas besoin de punir selon lui, car chaque groupe d’êtres humains, chaque être humain a une fonction dans l’univers et il ne peut posséder ni plus ni moins de ce que le Seigneur lui accorde. Plus un être humain est à sa place, plus il sera utile et un jour ou l’autre reconnu.  A chacune et à chacun sa destinée : ne pas s’attarder à ruminer les échecs, au contraire continuer le chemin, les villages à évangéliser sont nombreux. Jésus se comporte en homme absolument libre, il avance, il ne s’installe nulle part, il se concentre sur sa mission et le but que Dieu lui a confié. Jésus discerne immédiatement ce qui important ou non, non par rapport à lui-même, mais par rapport à la volonté de Dieu. 

Jésus vit par l’Esprit et se laisse conduire par l’Esprit. Il a confiance, même s’il n’est pas forcément d’accord. Le désir de sa chair n’était pas d’être crucifié sur une croix. 

Quand un être humain accomplit la volonté de Dieu, il est comme un poisson dans l’eau, il nage dans la communion avec Dieu.

 

Pour devenir ce poisson dans l’eau, Jésus demande de rompre rapidement avec les traditions, avec les coutumes, les racines, pour devenir un être nouveau, tout en ouverture à l’enseignement de l’Esprit Saint. Répondre à l’appel de Jésus, c’est prendre de la distance avec tout ce qui lie, avec tout ce qui  empêche de se tourner vers la vie ; c’est devenir mobile dans sa tête et dans ses actes.

 

La « chair » dont il est parlé ici n’est pas limité à la sexualité comme beaucoup de chrétiennes et chrétiens le pensent encore. La sexualité pratiquée dans le respect entre deux personnes responsables est une bénédiction de Dieu. La « chair » dont il est question ici a une connotation bien plus grave et cause des conflits incessants d’abord dans nos églises, et partout.

 

Les passions et les désirs dont parlent l’apôtre Paul sont la jalousie, la recherche de vaine gloire, la difficulté à accepter le bonheur et la réussite de l’autre, le pessimisme et le découragement. Et cette chair-là ligote les cœurs et rend l’être humain profondément malheureux.

 

Jésus et des personnes comme Nicolas de Flüe, Thérèse d’Avila, Jean de la croix, Charles de Foucauld ou Thérèse de Lisieux, et aussi d’autres personnes anonymes ont été traversés fréquemment par l’Esprit. Quant est-il des gens ordinaires comme nous ? 

 

La guérison ne peut venir de nous-mêmes : essayez de vous persuader que vous ne ressentez aucune jalousie, elle deviendra deux fois plus forte : la paix  est soufflée par Dieu sur nous en temps opportun et en réponse à notre prière. Dommage que l’Esprit Saint ne laisse pas attraper et contrôler comme un petit chien. Nous  pouvons peut-être recevoir la grâce de reconnaître des traces de sa présence, en nous ou chez les autres.

 

Joie, patience, douceur, tendresse, maîtrise de soi sont des indices sûrs de la présence de l’Esprit : accepter sans effort l’autre comme il est, ne pas être blessé-e par des paroles inadaptées. J’insiste et reviens sur le « sans effort ». 

 

Si je veux faire de moi-même le bien à tout prix, et surtout pour ma propre gloire, je tombe sous le joug de la loi et du jugement car ma connaissance est trop pauvre et trop partielle.  L’Esprit Saint est au-dessus des lois car il connait toute chose. Le Saint Esprit se laisse attirer par les cris des personnes humbles. 

 

La paroisse vivante à mon avis est composée par des membres qui se laissent visiter par l’Esprit de Dieu, alors le joug du Seigneur devient léger, les conflits comme les relations amicales apportent du fruit, et la joie et la liberté intérieure deviennent une invite pour les gens de l’extérieur.

Amen!

Martine Matthey 


 

Prédication sur Luc 16, 1-9

(23 Juin 2019) Henning Droge, prédicateur laïc.

 

Luc 16, 1-9 

Jérémie 23, 1-8

Jean 4, 16bis-21

 

Bien que Jésus raconte cette histoire du gérant malhonnête directement à ses disciples, elle fait partie  de plusieurs paraboles utilisées contre les pharisiens qui ont mal pris sa conversation accueillante avec les pécheurs. Les plus connues de ces paraboles sont celles d’un fils perdu et retrouvé et l’histoire d’un homme riche et le pauvre Lazare. 

 

Ici, un homme très riche s’est aperçu que le gérant de ses finances  gaspillait ses biens et le menace avec sa démission. 

 

Le gérant n’a pas appris  de profession et il n’est pas non plus assez fort pour faire des travaux durs. Il va perdre non seulement son travail mais aussi sa position sociale donc il lui faut trouver une solution. 

Au lieu de proposer une solution au maitre avec laquelle il peut essayer de corriger ses bêtises (par exemple, lui rembourser la somme manquante dans les comptes ou travailler pour un salaire réduit jusqu’au remboursement de la somme) il fait venir quelques débiteurs et leur donne les factures pour qu’ils changent les sommes dues. En agissant ainsi, il se rend pas vraiment coupable parce qu’il n’est pas celui qui a changé les factures. En plus, la réduction considérable des dettes qu’il a autorisée, peut assurer la gratitude des débiteurs envers lui et l’aidera, peut-être, à trouver une autre position chez eux. 

 

Son comportement fait penser aux banquiers modernes qui ont fait faillite après avoir pris des décisions risquées et qui essayent de se débarrasser de leurs responsabilités. Mais ses actions font impression à son maitre. Il ne l’admire pas pour cette nouvelle fraude insolente mais pour l’habilité avec quelle il a trouvé une solution. Aussi, il y a une différence entre la fraude découverte par son maitre et son action désespérée. Jadis, il avait dépensé l’argent pour des projets non-profitables ou même détourné quelques sommes dans ses propres poches. Cependant, en réduisant les dettes des autres, il a fait du bien à ceux en difficultés même s’il a pensé seulement à son propre avantage. 

 

Ce gérant, je trouve, est représentatif des pays riches du monde d’aujourd’hui. Leurs gouvernements ainsi que les compagnies internationales ont depuis longtemps exploité les ressources naturelles confiées a toute l’humanité - d’abord dans leurs propres régions et après dans les pays moins développés. Maintenant, confrontés aux conséquences, ils inventent toujours des nouvelles méthodes d’esquiver leurs responsabilités. Ils transportent leurs déchets en plastique dans les autres pays pour s’en débarrasser. Ils ont mis en place des quotas pour réguler l’émission des gaz d’échappements de leurs industries et populations, mais, en même temps, ils se sont donné la possibilité de transférer ce qu’ils produisent en excès aux autres pays qui produisent moins de gaz d’échappement. 

 

Mais, dans cet épisode,  Jésus ne veut pas critiquer le comportement frauduleux du gérant. Dans les derniers versets du texte il explique aux disciples son message. Le gérant étant enfant de ce monde sait très bien comment se débrouiller dans les difficultés. Il choisit presque instinctivement une sortie que lui donne un peu du temps et une possibilité de sauvetage peu importe s’il lui faut agir sans scrupules. Jésus conseille à ses disciples de développer une habilité similaire dans leurs relations avec le monde et, particulièrement, avec l’argent mais, bien sûr, sans s’éloigner du droit chemin. 

 

Il les exhorte que les richesses sont trop souvent gagnées et augmentées par des actes injustes et donc ne comptent pour rien dans le Royaume de Dieu. Ceux qui sont avec Jésus sont bien avisés d’utiliser leurs biens pour l’avancement du royaume et d’agir avec générosité à l’avantage de ceux qui ne pourront pas leur rendre cette faveur. Cette générosité prouve qu’ils ont placé l’argent confiés à eux en bienveillance. Pour ca, ils vont recevoir le plus grand trésor– la vie éternelle.