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Justice et Vérité s’embrassent.

Célébration de la semaine de prière pour l’unité 2019

Prière de repentance proposée cette année :

 

Dieu de miséricorde, nous, pasteur-e-s, responsables de communauté, tu nous as appelés pour accompagner et guider ton peuple. Ta parole nous rend vigilant-e-s face à cette charge. Nous sommes conscient-e-s que, dans notre ministère, il nous arrive de nous comporter injustement envers celles et ceux que tu nous as confiés, lorsque nous accordons la priorité à celles et ceux qui nous sont proches ou à celles et ceux ayant un statut social supérieur; nous avons parfois ignoré les personnes étrangères, les pauvres et les plus démuni-e-s de la société ; nous n’avons pas invité à défendre les opprimé-e-s; nous avons cautionné un mauvais usage des ressources ecclésiales... Ces actes ou ces silences ont conduit des personnes à se détourner de ton église. Seigneur, prends pitié.          

Dieu d’amour, tu nous as rassemblé-e-s comme membres de ton peuple. Jésus, ton Fils, nous a prescrit de nous aimer les uns les autres pour montrer que nous sommes ses disciples. Nous reconnaissons que nous avons négligé son commandement d’amour: en considérant parfois les membres d’autres églises comme des rivaux; en ayant une attitude hostile les uns envers les autres et en étant lents à pardonner ; en étant davantage soucieux de nos intérêts confessionnels que de ceux des autres; en dénigrant celles et ceux qui ne partagent pas notre point de vue. Nos attitudes renforcent ainsi les murs de séparation qui existent entre nous. Seigneur, prends pitié.

Dieu de grâce, tu nous as commandé de faire de notre maison commune un lieu de justice pour tous et toutes. Dans la générosité de ton amour, tu fais tomber la pluie sur les justes et sur les injustes et, en Jésus, tu nous enseignes à aimer sans distinction. Nous reconnaissons que nous avons négligé de suivre cet enseignement en ne respectant pas notre prochain, en répandant des informations inexactes à travers divers réseaux sociaux, en contribuant à porter atteinte à l’harmonie sociale. Notre comportement risque de transformer le monde en une terre aride qui ne soit plus au service de ta justice pour toute la création. Seigneur, prends pitié.

 


Prédication 6 janvier 2019. Mt 2, 13-23, Es 60 1-5,18-22

Quel contraste entre la joie qui déborde du texte du prophète Esaïe, et la tristesse du passage de l’Evangile de Matthieu de ce dimanche. Quel contraste aussi entre la naissance radieuse de Noël et cet horrible massacre des petits enfants innocents, cette fuite en Egypte et le retour au pays dans la peur.

Oh comme j’aimerais que le verset 16 n’ait jamais été écrit ! Et vous ? 16 Alors Hérode entra dans une grande fureur et envoya tuer, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants jusqu'à deux ans.

Nous pourrions citer ici le verset 5 de l’Evangile de Jean, chapitre 1, dont nous avons parlé dimanche passé : et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise.

Pourquoi Dieu n’a pas empêché ce massacre ? Pourquoi Jésus n’a pas ouvert les yeux d’Hérode, ses oreilles, pourquoi ne l’a-t-il pas purifié et ne lui a-t-il pas donné de marcher droit ?

Selon les recherches historiques, le règne de ce roi a été marqué par des effusions de sang, des spoliations, des impôts écrasants, la débauche et le mépris des lois. La mort et la violence régnaient à cette époque et dans cette région. Peu avant la naissance de Jésus, une série de catastrophes avaient ruiné le pays : effondrement économique, désastres militaires, un  tremblement de terre qui fit environ 30000 victimes en 24-25, suivi d’une famine accompagnée d’une épidémie de peste.

Selon une estimation, si Bethléem avait mille habitantes et habitants, elle devait compter par an une trentaine de naissances, soit quinze garçons, dont la moitié mourait en bas âge. Donc, ce sont probablement une quinzaine d’enfants qui ont été tués. Quinze de trop, et pourtant beaucoup moins qu’au Yémen et autres pays actuellement en guerre.

Oui, mais alors, qu’en est-il de la prophétie pleine de joie exprimée par le prophète Esaïe ? Cette joie qui est d’ailleurs reprise au verset 10 par les mages quand ils découvrent l’enfant fragile dans une étable; il est écrit qu’ils éprouvèrent une très très très grande joie. Or nous savons que, quand le prophète Esaïe exulte de joie pour la fin de l’exil à Babylone et le retour à Jérusalem, la situation du peuple d’Israël est à ce moment-là dramatique : Jérusalem est en ruine, tous les biens des exilé-e-s ont été accaparés par une minorité restée sur place, qui avait collaboré avec l’envahisseur assyrien, et qui avait oublié le Dieu vivant de l’Exode en le remplaçant par des idoles. La reconstruction de Jérusalem et du temple a demandé des efforts inouïs.

Alors, est-ce que le prophète Esaïe et les mages disent des mensonges?

Quel enseignement pour nous ?   Ces écrits nous apprennent premièrement que Jésus n’est pas venu dans notre monde avec une baguette magique pour combler nos désirs, et deuxièmement que les ténèbres n’ont pas pu l’atteindre, et qu’il est plus fort que le malheur, et la mort.

Le peuple d’Israël a survécu, et le Dieu qui l’a sauvé de l’esclavage en Egypte et de l’exil à Babylone est vivant. Jésus aussi est vivant. Et les enfants innocents massacrés sont aussi vivants avec lui.

Les versets 15, 18 et 23 montrent que les prophéties de l’Ancien Testament se sont accomplies et que Jésus est bien le Messie annoncé.

Verset 15 : D'Égypte, j'ai appelé mon fils. L’Egypte ,à cinq ou six jours de marche a toujours été la terre classique du refuge pour Israël.

Verset 18 : c'est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, est repris du livre de Jérémie, chapitre 31, verset 15. Je mentionne aussi le verset qui suit, le verset 16 dans lequel le Seigneur dit : Assez! plus de voix plaintive, plus de larmes dans les yeux! Ton avenir est plein d'espérance

Verset 23 : Il sera appelé Nazôréen, pour attester que le Christ commencera son ministère tout ailleurs que dans les lieux privilégiés religieusement  de Juda et de Jérusalem. Le choix du tout petit village en ce temps-là de Nazareth, est le signe, selon le pasteur Jean-Louis Leuba de l’humilité du serviteur promis.

Il semble que du sein même de la tragédie racontée, l’espérance est bien plus grande et forte que la dépression et le découragement. C’est la joie malgré tout qui fait avancer et donne la vie. Joseph et les mages se mettent en route, par un autre chemin. La rencontre avec l’enfant les a changés. La rencontre avec l’enfant nous change : des chemins nouveaux et des issues s’ouvrent à nos yeux, une issue au milieu même de l’épreuve.

Ainsi, la fuite en Egypte devient un évènement positif ; car la venue de Jésus et de ses parents est considéré comme l’épisode fondateur de la religion chrétienne orthodoxe copte. Coptes veut tout simplement dire : chrétiennes et chrétiens égyptiens. La tradition assure que le passage de l’enfant Jésus dans ce pays aurait duré 3 ans, 6 mois et 10 jours. Les textes les plus anciens, vers le 4ème siècle, localisent la famille  en Haute-Egypte. Les habitantes et habitants du village de Bilbeis s’enorgueillissent d’être devenus les premiers croyants et croyantes de l’histoire du christianisme. Le 2 avril 1968, quelques mois après la guerre des 6 jours, et la défaite égyptienne face à Israël, la vierge Marie est apparue plusieurs jours au-dessus du dôme de l’église El-Warraq, que  j’ai visitée. Mon ami Nabil du Caire l’a vue de ses yeux. Et ce n’est pas un naïf, je vous assure. Signe que le Seigneur est bien présent encore en Egypte.

Je crois que  Dieu peut se manifester d’une manière ou d’une autre, quand selon lui, c’est nécessaire, soit pour montrer un chemin, soit pour réconforter, et jamais pour nous donner un quelconque pouvoir sur les autres.

Ne soyons pas comme Hérode qui par peur de perdre sa place ou son influence et par orgueil a voulu tuer ce bonheur qui était en train de naître pour lui aussi.

L’attitude de Joseph, de Marie et des mages sont pour nous un exemple à suivre : comme eux nous avons la responsabilité de prendre soin de Jésus, de tout faire pour qu’il grandisse en nous et dans le monde ; il nous est demandé de le protéger de celles et ceux qui veulent l’éliminer.  Soyons Marie, des Joseph, des mages toujours dans la vigilance, à l’écoute de ce que Dieu veut nous montrer et nous dire au plus profond de notre être, pour que l’enfant Jésus continue de marcher sur nos routes et celles du monde.

Jésus marche avec toi sur ta route. Jésus veut d’abord te sauver toi qui l’écoutes comme Joseph, toi qui es en recherche comme les mages, dont le cœur se prosterne devant un mystère d’amour qui dépasse toute intelligence.

Amen!

Martine Matthey