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Prédication 19 05 19 be Mt 6, 5-15, Dn 9, 4-5 et 16-17, 1 Ti 2, 1-6a

 

Le cri de douleur du prophète Daniel vers son Dieu pourrait être le même que celui de tous les chrétiennes et chrétiens persécutés aujourd’hui dans le monde.

Comme les paroissiennes et paroissiens des trois églises tués et blessés par les attaques terroristes au Sri-Lanka, ou bien les paroissiennes et paroissiens souffrant d’attaques continues en Syrie. Le pasteur Bechara raconte : En 2014,  un plan directeur fut prémédité avec des prologues diaboliques pour qu’Alep soit entièrement sous contrôle des terroristes pendant la Semaine Sainte. Le jeudi saint, notre Eglise du Christ  a pu célébrer le culte du Jeudi Saint et la Sainte Cène. Ce jour-là, notre armée, très courageusement, a effectivement protégé la ville et l’a sauvée. C’est pourquoi en 2015, les plans des terroristes furent de menacer la population pour la faire partir.

Je pense aussi à toutes les personnes chrétiennes au Burundi, au Caméroun, ou autres régions d’Afrique, qui sont privées de tout, chez eux ou  sur les chemins de l’émigration, et qui supplient le Seigneur sans relâche.

Le Seigneur a finalement entendu les prières de Daniel, le peuple d’Israël a eu l’autorisation du roi Cyrus de quitter Babylone où il était en exil et de revenir au pays à Jérusalem après environ deux siècles.

Evidemment l’exaucement a pris du temps, car pour le Seigneur, comme vous le savez,  2 Pierre 3:8, un seul jour est comme mille ans et mille ans comme un jour.

Le prophète Daniel lie le désastre de l’exil à la punition de Dieu pour non-respect de ses commandements. Selon lui, le temple de Jérusalem a été dévasté par le Seigneur à cause de la désobéissance de la population, et de leurs pères et mères. Le Dieu de Daniel est un Dieu désirant l’alliance avec sa créature, rempli de tendresse, et un Dieu  de colère et d’énervements.

L’apôtre Paul nous enseigne que nous sommes de toute façon tellement pêcheurs et pêcheresses, sans exception, que seule la bienveillance, ou grâce gratuite du Seigneur nous donnera la vie. Par la venue de Jésus parmi nous, le pardon inconditionnel de Dieu nous est offert.

Oui, tous nos péchés peuvent être pardonnés. Béni sois-tu Seigneur. Par contre les conséquences de nos erreurs demeurent. Si les êtres humains sont délivrés, par Jésus, de la peur de la punition de Dieu, ils ont à assumer la responsabilité de leurs choix et de leurs actions.

Jésus dit (8,6): que Dieu connait vos besoins avant même que vous le demandiez. Il y a là comme un hiatus. Si le Seigneur connait nos besoins, pourquoi règne-t-il une telle misère pour certaines personnes ? Pourquoi l’exaucement de la prière, parfois, souvent absolument légitime, ne fonctionne pas automatiquement ?

L’apôtre Paul dans sa lettre à Timothée exhorte à la paix, à prier pour tous les êtres humains, même pour les personnes détenant une autorité ; ce qui est assez difficile à accepter pour les gens de notre époque, particulièrement rebelles. Comme si dans la paix, le respect de Dieu et des autres, dans la confiance en Dieu, tout allait se résoudre : comme si la prière pouvait faire avancer le règne de la vraie connaissance de Dieu de manière à ce qu’il n’y ait plus de gens démunis parmi nous.

La prière est un moyen de rester en relation avec Dieu, avec nous-mêmes et avec les autres. C’est un temps d’introspection et d’approfondissement de la connaissance de soi. La recherche d’adaptation de notre volonté à celle de Dieu.

Et si les prières changeaient l’être humain plutôt que Dieu ? Une prière de louange apporte au coeur joie et confiance, une supplication ne peut s’exprimer sans qu’il y ait eu prise de conscience de notre manque et de la situation dans laquelle on vit. La clarification ce que qui arrive, suffit quelquefois à donner des réponses.

La prière est une sorte de discussion avec soi-même , avec l’aide de l’Esprit Saint à nos côtés, et qui crée des ouvertures, et des impulsions.

Et si la prière nous aidait à entrer dans une telle intimité avec Dieu, que nous devenions vraiment nous-mêmes, comme le Seigneur nous a façonné-e, et un instrument enfin utile entre ses mains ?

La prière que nous appelons le Notre Père, dit tout, résume tout, il est d’ailleurs selon les recherches actuelles et ce que nous a dit le professeur Christian Amphoux aux Rameaux, les seules paroles de Jésus qui soient considérés comme authentiques sans controverses. Et que nous enseigne cette prière ?

 

  1. Respecter le Seigneur, le consacrer comme saint, le mettre à part. Ce qui n’est pas évident dans notre monde actuel bien chaotique.
  2. Croire qu’il interviendra dans notre monde avec compassion et d’une façon appropriée pour le bien de chacune et de chacun, avec nos faiblesses.
  3. Le besoin de nourriture quotidienne pour tout être humain est légitimé ; à nous donc de respecter ce besoin chez chaque être humain.
  4. Le verset 13 est délicat à interpréter : Dieu serait-il responsable de nos chutes éventuelles ? Si nous lui demandons de ne pas nous laisser entrer en tentation et nous retenir loin du mal, et qu’il ne le fait pas, à qui la faute ? Regardez ce qui s’est passé avec Judas, avec Adam et Eve. Comme je l’ai dit plus haut, si les conséquences demeurent, est-ce que tout ne concourt pas  au bien de celles et ceux qui aiment Dieu, comme l’écrit l’apôtre Paul (Rm 8, 28) ?
  5. Les versets de 12 à 15 pourraient sauver le monde : laissez aller les erreurs des autres, laissez allez, est une traduction que je préfère à pardonner, laissez allez les erreurs des autres, et Dieu fera de même avec vous. Laissez aller les erreurs, Dieu s’occupe de tout. Ce « laissez aller les erreurs » dissout tout jugement, rancune et haine.

Seigneur, permets que nous puissions vivre en nous ce « laissez aller les erreurs des autres ». Permets Seigneur, que les terroristes et extrémistes de tout bord comprennent aussi cette prière. Amen

 


Prédication pour le culte bilingue du 12 05 19. Jn 21, 1-9. MM

Si bien des gens acceptent volontiers que Jésus soit un prophète ou un philosophe, sa résurrection dérange.  

Dès le début, quelques disciples ont eu des doutes sur ce Jésus , qui avait été mort, et qui se trouvait maintenant à leurs côtés mangeant et parlant avec eux.

Selon la pensée grecque, l’être humain est divisé en un corps et une âme, et donc après la mort, le corps se décompose alors que l’âme se glisse dans l’immortalité. Selon la pensée hébraïque, au contraire, le corps ne fait qu’un. « Par la résurrection, Dieu accueille et fait revivre la personne toute entière dans son mode de présence au monde » écrit l’exégète Daniel Marguerat.

Alors que va-t-il se passer si notre corps de chair et de ligaments devient cendres et poussières ? Il me semble que les explications de l’apôtre Paul sont les plus humainement logiques :  notre corps mort est comme une graine de semence jetée en terre. Puis Dieu lui donne corps, comme il le veut et à chaque semence de façon différente, 1 Co 15, 36 et 38. Le mystère demeure.

La mort fait peur, tellement peur, que les êtres humains inventent toutes sortes de stratégies pour l’éviter. Nous imaginons par exemple qu’en en parlant le moins possible, nous réussirons mieux à l’éloigner. Ou bien nous nous  barricadons dans la courageuse affirmation que n’avons pas peur de la mort. C’est le déni et l’insensibilité à l’idée même de la mort. Et quand nous la frôlons de trop près, une pensée tournoie discrètement dans notre tête : « ouf, ce n’est pas encore mon tour ».

Qu’est-ce qui peut bien se passer après la mort ?  Des films comme « Game of Thrones » dont j’ai vu la bande annonce seulement, traitent du sujet. Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais moi, je ne suis pas à l’aise avec tous ces cadavres et ces zombies, quasiment en décomposition, qui revivent devant nos yeux, avec des bruits effrayants.

Le texte biblique me touche bien davantage : il nous montre  un Jésus ressuscité plein de tendresse et de sollicitude, dans la lumière et le silence. La mort avec lui devient vie et d’une beauté indicible.

Pourquoi les disciples semblent tristes, comme éteints, alors qu’ils ont déjà vu leur ami Jésus ressuscité deux fois ?  Ils sont retourné-e-s dans leur pays et à leurs occupations d’origine. Ils sont comme un peu comme nous après le culte de Pâques. La célébration  de la résurrection de Jésus ne fait pas de nous subitement, des superman ou superwomen ; il advient plutôt comme un vide, une sorte de déception, nous ne contrôlons plus rien, nous sommes dépassé-e-s.  

Et c’est justement dans ce vide, dans ce manque,  que Jésus peut se manifester, doucement, sans bruit, sans éclat. Il prépare du pain et du poisson pour restaurer sa communion avec les disciples. Il prend soin de ses ami-e-s restés sur terre et qui ont besoin de manger et de gagner leur vie.

Les disciples toute une nuit dans leur barque, prenaient appui sur le passé, déboussolés par ce changement radical dans leur manière de penser, dans leurs croyances traditionnelles. Ils se sont éloignés de Jésus et plus rien ne fonctionne.

Jésus les appelle, ils se re-tournent vers lui et ouvrent leur cœur à une autre dimension de la vie. Ce n’est plus seulement le Jésus terrestre qui va demeurer en eux, c’est aussi le Jésus ressuscité.  

Qu’il nous soit donné à nous aussi de percevoir le feu de braise préparé par Jésus, alors,  en communion avec lui, nous apprendrons où et comment jeter le filet, et la volonté d’amour de Dieu s’accomplira ; comme pour les premiers disciples, une énergie nouvelle remplie de Dieu, nous conduit visible ou invisible.

Amen!

 

 


Predigt von Henning Dröge 12 05 19. Johannes 21, 1-9

 

Jetzt stehen sie am See, dort, wo einige von ihnen herkommen. Sie sind nur sieben. Von den anderen vieren keine Spur. Aber nicht nur diese vier fehlen. Vor allem aber fehlt ihnen der, dem sie während der letzten zweieinhalb Jahre durch das ganze Land gefolgt sind; der ihnen in dieser Zeit eine ganz andere Lebensweise aufgezeigt, ihnen Hoffnung, Kraft, Vertrauen auf Gott und auch auf ihre eigenen Fähigkeiten gegeben hat. Er war ihnen zugleich Bruder, Vater und Mutter. Nun sind sie von ihm verlassen. Sie wissen nichts mehr mit sich und ihrer Zeit anzufangen. Sie haben zwar davon gehört, daß andere ihn nach seinem Tod gesehen, ja sogar berührt haben; einige waren sogar selbst dabei gewesen. Gerade in diesem Moment, an dem sie seine Anwesenheit, seinen Trost und Rat so dringend benötigen, ist er nicht bei ihnen.

Vielleicht kennen einige von Ihnen, liebe Gemeinde, das Spiritual “Sometimes I feel like a motherless child”. Dort wird diese bedrückende Stimmung der Verlassenheit in deutlicher Form wiedergegeben. Ich kann mir gut vorstellen, daß es auch unter dem Eindruck dieser Szene entstanden ist.

Plötzlich rafft sich einer von ihnen auf. Es ist der, der bereits in der Gemeinschaft einer der Wortführer gewesen war. Er will wieder anfangen, seinem Leben einen Sinn zu geben. Es muss ja trotz allem weitergehen. Allerdings setzt er nicht den Weg fort, den er bis vor ein paar Tagen mit den anderen gegangen ist. Er scheint mit diesem Lebensabschnitt abgeschlossen zu haben, denn er nimmt die Tätigkeit wieder auf, die er bis zu seinem ersten Zusammentreffen mit dem Herrn ausgeübt hat, nämlich den Fischfang. Von Menschenfischerei ist keine Rede mehr. Seine Gefährten folgen ihm. Sie fahren auf den See hinaus, ohne sich allzuweit vom Ufer zu entfernen, und arbeiten die ganze Nacht hindurch, ohne Erfolg zu haben. Das Netz bleibt leer.

Bei Tagesanbruch entdecken sie am Ufer einen Mann, der anscheinend Hunger hat. Seine Frage nach Nahrung trägt nicht zur Verbesserung ihrer Stimmung bei. Die Antwort ist kurz und negativ. Da geschieht das Unerwartete: Er fordert sie auf, das Netz noch einmal auszuwerfen, und verspricht einen Erfolg auf so überzeugende Weise, daß sie der Aufforderung ohne Zögern und weitere Fragen nachkommen. Es erstaunt mich ein wenig, daß sie dabei vergessen, daß damals alles genauso angefangen hatte. Die menschliche Erinnerung kann so kurz sein. Die Männer im Boot erkennen noch nicht, um wen es sich bei diesem Mann handelt. Erst als das Netz so voll ist, daß sie es nicht mehr einholen können, geht einem von ihnen ein Licht auf und er kennt den Mann. Bezeichnenderweise ist es nicht der Wortführer der Gruppe, sondern der Lieblingsjünger des Meisters. Er flüstert seine Erkenntnis dem anderen zu. Der stürzt sich, ohne zu zögern, sofort ins Wasser und kämpft sich ans Ufer, so sehr hat er den Mann am Ufer vermisst. Er denkt grade noch daran, sich einen Umhang umzulegen. Seine Gefährten folgen ihm mit dem Boot und ziehen das volle Netz hinter sich her. Am Ufer angekommen, finden sie bereits ein loderndes Feuer vor, auf dem Fische braten. Brot liegt auch bereit.

An dieser Stelle endet unser Textauszug. Die Frage ist nicht, wie diese Episode weitergeht. Der Evangelist hat die Schilderung seiner Sichtweise des Lebens Jesu sowieso fast beendet. Da kommt nicht mehr viel. Ich denke, die Kernaussage des Textes ist die, daß Jesus uns genau dann am nächsten ist, wenn wir so sehr verzweifeln, daß wir alle Lebensenergie und allen Lebensmut aufgeben. Erinnern wir uns doch an das Versprechen Jesu, seinen Tröster zu senden. Dieses Versprechen wird in wenigen Wochen, zu Pfingsten, erfüllt.