D’autres prédications
et magnifiques textes
se trouvent sur le site
du Pasteur Pedroli

www.pedro.li

 

Un culte  a eu lieu le dimanche 11 novembre en souvenir de la fin de la 1ère guerre mondiale, le 11 novembre 1918, il y a exactement 100 ans. La communauté protestante francophone, l’église.

huguenote française et la communauté évangélique de la Friedrichstadt ont préparé une commémoration en trois parties :  la lecture des textes bibliques d’abord ; ensuite la lecture de textes français et allemands écrits entre 1914 et 1918 ; et pour finir les prédications en allemand et en français, suivi de prières.

Les deux textes bibliques sont tirés du livre de la Genèse, racontent le meurtre d’Abel par son frère Caïn (Gn 3, 1-8), et comment Abraham a géré l’ordre du Seigneur l’enjoignant d’offrir son fils, son unique, Isaak, en sacrifice (Gn 22, 1-18).

Und Abraham erhob sich, spaltete das Holz
und ging, und nahm das Feuer mit sich und
ein Messer. Und als sie beide miteinander gingen,
sprach Isaak, der Erstgeborene, und sagte:
Mein Vater, siehe die Vorkehrungen, Feuer
und Eisen, wo aber ist das Lamm zum Brandopfer?
Da band Abraham den Jüngling mit Gürteln
und Riemen, und baute daselbst Wälle und
Schützengräben, und hob das Messer, dass er seinen Sohn schlachtete.

Doch siehe, ein Engel rief ihn vom Himmel
Und sprach: Lege deine Hand nicht an den Knaben
Und tu ihm nichts, siehe,
Ein Widder mit seinen Hörnern in einer Hecke
hängend; opfere den Widder des Stolzes an seiner
Statt. Doch der alte Mann wollte nicht,
sondern schlachtete seinen Sohn, und die halbe
Saat Europas, einen nach dem anderen.

Message.

A chaque fois que je lis cet horrible verset 9: et Abraham attacha son fils sur les bûches de l’autel et étendit la main vers le couteau pour tuer son fils, son unique, tout mon corps tremble.

C’est pire encore que d’écouter le calvaire du journaliste Jamal Khashoggi, découpé en morceaux vivant pendant sept minutes. Et pourtant ! Et tous ces pauvres gens massacrés comme du bétail dans les tranchées lors de la première guerre, et toutes les victimes innocentes des guerres actuelles.

Quand pourrons-nous enfin maîtriser les jalousies et nos fermetures comme le Seigneur l’a demandé à Cain ? Au chapitre 4, verset 7 :  si tu ne fais pas le bien, si tu ne t’ouvres pas, le péché est là qui te désire, domine-le.

A l’époque d’Abraham, il semble selon les découvertes récentes que le sacrifice d’enfants pour s’attirer les bonnes grâces des dieux n’étaient pas rares. Aussi  l’épreuve d’Abraham manifeste clairement que Dieu n’est pas favorable à ces pratiques, versets 12 et 13 : 12 l’ange du Seigneur dit à Abraham: «Ne fais rien, car maintenant je sais que tu crains Dieu, toi qui n'as pas épargné ton fils unique pour moi.» 13 Abraham leva les yeux, il regarda, et voici qu'un bélier était pris par les cornes dans un fourré. Il alla le prendre pour l'offrir en holocauste à la place de son fils.

Comment Abraham a pu en arriver là ? L’homme de Dieu, celui qui est aimé de Dieu, le croyant parfait, notre ancêtre et exemple à tous et toutes dans la foi. L’apôtre Paul dit de lui dans sa lettre aux gens de Rome, 4, 2-3, Si Abraham a été justifié par ses œuvres, il a de quoi être fier, mais non devant Dieu, en effet que dit l’Ecriture ? Abraham eut foi en Dieu, et cela lui fut compté comme justice.  

Ainsi donc selon la théologie paulinienne, Dieu aurait été jusqu’à pardonner à Abraham le meurtre de son fils ?

L’obéissance d’Abraham était radicale : obéissance et foi en Dieu, oui. Sans limites ? Jusqu’où aller ?

Hanna dans le film « Le Lecteur » dit à son procès alors que le juge lui demande pourquoi elle n’a pas ouvert la porte de l’église quand elle a entendu les cris des gens brûlés vifs, elle répond avec un réel étonnement, comme s’il n’avait pas été possible d’agir autrement : j’obéissais aux ordres.

Abraham, lui,  ne s’est pas laissé lié par sa radicalité dans la foi et l’obéissance ; il est resté humble et ouvert à la voix de Dieu. Il a accepté un changement de trajectoire. Il a accepté de laisser vivre et grandir son fils. Il parait qu’un père a quelque fois de la peine à laisser son enfant prendre son envol.

Dans le texte, il est bien écrit au verset 2, comme au chapitre 12,verset 1,  le fameux va pars vers le pays que je te ferai voir, ou pars vers toi-même,  va à la découverte de toi-même. Encore une fois, Dieu demande à Abraham, avec son fils cette fois-ci, un acte de foi et d’abandon.

La TOB propose comme traduction, verset 2 : tu l’offriras en holocauste, or il serait permis de traduire aussi par :  tu monteras ton fils pour un holocauste. Le pasteur Marc Pernot suggère que le Seigneur demande à Abraham d’accepter que son fils devienne différent de lui, indépendant de lui, et même supérieur à lui.

Abraham et Caïn ont eu la liberté de choix.  

Et le pauvre soldat de 14-18 avait-il le choix ? Si ton capitaine français t’ordonne au nom de Dieu de tuer ton frère allemand, que feras-tu ? Tirer à côté au risque de recevoir une balle dans le cœur comme récompense ?

Avons-nous le choix de ne pas faire la guerre et de ne pas obéir aux ordres qui  asservissent ?

Et si nous avions le choix ? Et si nous avions la foi d’Abraham, foi inséparable d’une juste écoute, qui nous permette de discerner les moyens que Dieu nous donne pour éviter d’accomplir l’irréparable ?

Et si nous nous souvenons que Dieu, qui s’est offert lui-même en  sacrifice, une fois pour toutes, pour que la réconciliation avec nous-mêmes devienne possible, irons-nous jusqu’à croire que même si nous tombons, même si nous ne voyons pas le bélier,  l’amour de Dieu pour nous reste indéfectible ?

Amen!

 

 


Culte pour la fête du refuge du 28 octobre 2018

Introduction de la pasteure Meike Waechter: Global Players für Gott und die Welt. Global Players – dass müssen keine börsennotierten Unternehmen sein. Global Players – das sind wir alle, gemeinsam mit den Christinnen und Christen, die vor 500 Jahren die Reformation ins Rollen brachten. Wir, gemeinsam mit unseren hugenottischen Vorfahren, an die wir heute denken. Wir, gemeinsam mit Männern und Frauen rund um den Globus, die Gott  und die Welt im Blick haben und ihre Stimmen erheben.

Zehn dieser Global Players kommen heute mit ihren Zitaten zu uns. Drei haben wir für unsere Predigten ausgesucht. Trois courtes prédications ont été données à cette occasion avec, comme sujet de méditation, la lettre de l‘apôtre Paul aux gens de Galates, chapitre 3, versets 26 à 29

Message en français de la pasteure Martine Matthey

Pour les personnes francophones parmi nous, je rappelle que nous fêtons les 333 ans de l’Edit de Postdam de 1685, qui a été une réponse à la révocation de l’Edit de Nantes par l’édit de Fontainebleau du roi Louis XIV. L’électeur de Brandebourg Frédéric-Guillaume 1er, puis le roi prusse Frédérik II ont accueilli à bras ouvert les Huguenots français persécutés, particulièrement dans cette région du Brandenbourg. Environ 200000 protestants quittèrent la France.

En ce dimanche particulier dit du « Refugefest »,  nous pourrions ajouter « il n’y a plus une personne catholique ou protestante » au verset 28 qui dit :  Il n'y a plus une personne juive ou grecque, une personne esclave ou libre, une personne mâle ou femelle, car tous et toutes, vous n'êtes qu'UN en Jésus Christ.

Et après avoir écouté la prédication de Meike à propos de la théologienne Lilly Phiri, qui se bat en Zambie contre les violences sexuelles et pour les droits des personnes homosexuelles, thèmes qui sont des défis pour les églises actuelles, nous pourrions ajouter encore : il n’y a plus de personne homosexuelle ou hétérosexuelle.

Quels étranges versets : bien sûr qu’il y a des personnes juives, grecques, esclaves libres, mâles et femelles, catholiques et protestantes et orthodoxes, hétérosexuelle ou homosexuelle ! Il existe toujours des différences ! Ne serait-ce qu’au niveau des salaires entre mâle et femelle.

Nous serions UN en Christ ? Ne serait-ce pas que des mots qui bercent d’illusions ?

Que nous enseigne le grand théologien Karl Barth ? Je le cite : parce que Jésus est le fils de Dieu, parce qu’il est celui qui nous réconcilie avec Dieu, il rend fils et filles de Dieu celles et ceux qui reçoivent la révélation, sans jamais supprimer la différence qui existe entre les personnes, et entre les personnes et Dieu.

Ce qui signifie que nous gardons notre identité, nos particularités spécifiques, et nos destinées diverses, alors même que nous sommes UN en Christ.

Toute personne appelée par Dieu, toute personne qui reçoit la grâce de la foi, ou qui souhaite la recevoir, devient enfant de Dieu, de la descendance d’Abraham selon la promesse de Dieu.

Bien que nous soyons,  chacune et chacun différents, nous sommes uni-e-s à Jésus parce que Dieu nous a appelé-e-s, et accordé la grâce de la foi, et , écrit Barth, parce que nous sommes chacune et chacun parfaitement semblables dans notre désobéissance à Dieu.

Selon Barth, nous sommes donc UN en Christ à cause de notre appel et du don de la foi et à cause de notre désobéissance commune.

Concernant la désobéissance, Barth s’appuie sur  Rm 11, 32 : Dieu a enfermé tous les êtres humains dans la désobéissance pour faire à tous et toutes miséricorde. Cette miséricorde, écrit le théologien, dépend uniquement de ce que le Christ a fait et souffert pour nous. Comme la liberté de l’être humain, son pouvoir, sa faculté de connaître Dieu dépendent absolument de la puissance de la Résurrection du Christ. C’est Dieu qui donne tout.

Il ajoute un quatrième fondement  à cette unité : nous sommes UN en Christ face à la mort, parce que la grâce de Dieu nous libère de la peur, en nous donnant la promesse d’un héritage. Quel est cet héritage ? Avoir part au Royaume de Dieu. Il écrit : bien que nous ne puissions pas comprendre cette promesse, ni en apercevoir le moindre accomplissement dans le présent, nous l’accueillons par la foi en nous et par nous, bien que nous voyons seulement nos mains vides, tendues vers Dieu.

Le baptême ne fait pas de nous les sosies les uns des autres en Christ ;  le baptême au contraire nous confirme dans nos différences et notre identité propre, puisque nous sommes « seulement » revêtu-e-s du Christ.

Que nous soyons des personnes catholique, protestante, mâle, femelle, hétérosexuelle ou homosexuelle, dépendante, indépendantes, juive ou non juive, nous sommes chacune et chacun radicalement UN devant Dieu par notre nudité, notre pauvreté, notre ignorance et notre peur de la mort; et nous sommes chacune et chacun UN en Jésus grâce à son vêtement de lumière qui nous habille, chacune et chacun, dans le feu du Saint Esprit.

Amen!